
Enquête sur un symptôme plus complexe qu’il n’y paraît
Dormir huit heures par nuit est généralement considéré comme une base de récupération suffisante. Et pourtant, dans la réalité, une autre observation revient régulièrement : certaines personnes, malgré un sommeil jugé correct, décrivent une fatigue persistante, parfois même installée depuis des mois ou des années. Comme si dormir davantage ne suffisait pas à retrouver de l’énergie. Ce décalage interroge.
Quand le sommeil ne suffit plus à expliquer la fatigue
Dans les modèles classiques, la fatigue est encore très souvent reliée au sommeil ou à une dépense physique importante. Cette lecture reste juste dans de nombreux cas. Mais elle devient insuffisante lorsqu’elle ne permet pas d’expliquer certaines situations plus complexes.
D’après le travail de la médecin chercheuse américaine Dr. Sandra Dalton-Smith, renforcé par des cliniciens travaillant sur la fatigue, comme Marine Colombel et Christèle Albaret, décrivent une réalité plus large : la fatigue ne vient pas toujours d’un manque de repos, mais d’une accumulation de facteurs parfois très différents.
Une fatigue qui peut prendre plusieurs formes
Dans les approches actuelles en santé mentale et en clinique du quotidien, on observe que la fatigue peut se présenter sous plusieurs formes qui coexistent souvent :
- une fatigue du corps
- une fatigue du mental
- une fatigue émotionnelle
- une fatigue liée aux relations
- une fatigue sensorielle
- une fatigue plus profonde, liée au sens ou à la direction de vie
- une fatigue liée à la créativité ou à l’élan intérieur
Ce qui est frappant, dans la pratique, ce n’est pas tant leur existence que leur enchevêtrement.
Quand le corps dit “stop” autrement
Une femme prend un accompagnement pour des épisodes de fatigue marqués en fin de cycle menstruel, juste avant ses règles.
Elle décrit une sensation récurrente : irritabilité importante, montée émotionnelle rapide, colère difficile à contenir, suivie d’un épuisement net.
En parallèle, elle exprime un vécu particulier : celui d’être perçue depuis longtemps comme “la femme solaire”, celle qui va bien, qui soutient les autres, qui maintient une énergie positive dans son entourage familial et amical. Peu à peu, cette image devient une forme d’injonction implicite.
Celle de ne pas décevoir, rester stable, agréable, disponible, lumineuse.
Avec le temps, cette tension interne s’accumule, et en fin de cycle, lorsque le système hormonal devient plus sensible, ces émotions jusque-là contenues émergent plus fortement : colère, irritabilité, saturation. Et avec elles, une fatigue intense. Non pas uniquement physique, mais aussi émotionnelle et relationnelle.
Dans ce cas, le sommeil ne règle pas la situation. Il soulage en apparence, mais ne change pas ce qui se joue en amont : une surcharge émotionnelle et relationnelle non exprimée.
Quand le sommeil devient une injonction
Une autre personne vient me voir pour une fatigue chronique importante.
Elle rapporte avoir progressivement perdu son cycle menstruel et développer des troubles du sommeil importants. Elle tente alors de “corriger” cette fatigue par des stratégies centrées sur le repos : dormir plus, utiliser des somnifères prescrits, essayer de récupérer à tout prix.
Mais paradoxalement, le sommeil devient de plus en plus difficile. L’endormissement est perturbé, la qualité du sommeil diminue, et la sensation de fatigue persiste.
Au fil de l’accompagnement, un autre tableau apparaît, la fatigue ne semble pas uniquement physique, elle est aussi :
- émotionnelle (accumulation non exprimée)
- relationnelle (charge de soutien importante dans l’entourage)
- existentielle (perte de sens et d’élan personnel)
Dans cette situation, le sommeil est devenu la seule réponse mobilisée… mais pas forcément la plus adaptée.
Le corps, lui, semble continuer à exprimer autre chose.
Dans ces deux profils, très différents en apparence, un point commun apparaît :
👉 la fatigue n’est pas uniquement liée au sommeil.
Elle est liée à une accumulation de tensions, parfois invisibles, qui ne se résolvent pas uniquement par le repos.
Le cycle menstruel : une variable souvent absente de la lecture de la fatigue
Chez les femmes, une dimension supplémentaire vient souvent complexifier cette lecture : les variations naturelles du cycle menstruel.
Dans une approche comme celle de la symptothermie et de l’observation cyclique, l’énergie n’est pas stable sur le mois.
Elle fluctue :
- avec une phase de remontée progressive après les règles
- une période souvent plus dynamique autour de l’ovulation
- une phase lutéale plus sensible émotionnellement et nerveusement
- et une phase menstruelle qui appelle souvent davantage de repli et de récupération
Lorsque ces variations sont ignorées ou dépassées par le rythme de vie, elles peuvent accentuer la sensation de fatigue globale.
Dans de nombreux parcours, la fatigue reste abordée principalement à travers une seule variable : le sommeil. Or, dans la pratique, cette approche montre ses limites dès lors que la fatigue est multi-factorielle.
Plutôt que de chercher uniquement à augmenter le temps de repos, une autre question émerge progressivement : Qu’est-ce qui, dans cette fatigue, ne relève pas du sommeil ?
Mettre des mots sur ce qui se passe est une première étape importante. Mais dans la réalité, cela ne suffit pas toujours à transformer les choses sans ajustements concrets du quotidien.
Et après ?
Pour aller plus loin dans cette compréhension, un outil d’auto-observation permet de distinguer plus finement les différentes formes de fatigue et leur intensité relative.
Récupère-le en deux clics, via ce formulaire:
👉 Il aide à passer d’un ressenti global à une lecture plus structurée de son énergie.
Dans certains cas, ce travail de clarification gagne à être accompagné.
Je propose des séances de coaching permettant d’explorer :
- les différentes dimensions de la fatigue
- les besoins sous-jacents
- et des ajustements progressifs dans le quotidien
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Ce qu’il faut retenir
- La fatigue ne peut pas toujours être réduite à un manque de sommeil.
- Elle est souvent le résultat d’un ensemble de facteurs qui s’additionnent et s’entrecroisent.
- Et dans cette complexité, le sommeil reste essentiel, mais pas toujours suffisant.
- Comprendre cela ne supprime pas la fatigue immédiatement, mais cela change la manière dont elle est lue.